Il y a un feu timide qui crépite à peine, surtout des braises qui paraissent impérissables. Le feu est entretenu doucement, en dilettante, et cela suffit. Au-dessus, un bouillon frémit presque dans un petit chaudron en fonte, gras et noir. À mesure que le temps passe et que la soupe mijote, on y prélève et on y ajoute, la marmite n'est jamais sèche. Vous connaissez sans doutes les "bouillons de cent ans" qu'entretiennent les excellentes charcuteries pour leurs terrines ou pour piquer leurs jambons, c'est le principe à l’œuvre ici, le fantasme-guide, le projet d'un "univers bouillon", d'une soupe féconde et inépuisable, en élaboration constante.